Née en 1906, la course de Sedan à Charleville est la plus ancienne des courses françaises de ville à ville. La « Doyenne » comme on la surnomme, longue de 24,300 km, a rassemblé pour sa 102 ème édition plus de 3000 coureurs. Parmi eux se trouvaient 3 professeurs du lycée Chanzy : J.P AUDEGOND – Professeur de sciences de la vie et de la terre ; S.GUENGANT – Professeur de lettres classiques ; C.NIVET – Professeur d'éducation physique et sportive.

            Nous leur avons posé quelques questions au sujet de leur préparation.

  1. Course à pieds

Q1 : Avez – vous pris le départ de cette course au pied levé ou bien avez-vous suivi un programme d'entraînement rigoureux que vous avez suivi au pied de la lettre

J.P.A : Le seul programme d’entraînement que je respecte est « mon » programme, celui que je mets en place moi – même.

C.N : Je suis un programme au pied de la lettre

S.G : Je suis un programme au pied de la lettre, mais quelques rares fois, je lui fais un « pied-de-nez »


Q2 -a : Votre meilleure performance est de 1 h 44’ . Pour réaliser une telle performance, il ne faut pas avoir les pieds nickelés.  Avez-vous particulièrement travaillé d'arrache-pied cette année là ?

J.P.A : Non, je ne me suis pas particulièrement préparé cette année – là. La performance dépend plus de la forme du moment et du poids qui joue beaucoup sur le résultat.

          Q2 -b : Votre meilleure performance est de 1 h 25’ et 52 ’’….

C.N : Un mois et demi avant la course, j’ai effectivement travaillé d’arrache – pied

Q2 -c : Votre meilleure performance est de 1 h 29’ et 57 ’’….

S.G : Un mois et demi avant la course, j’ai effectivement travaillé d’arrache - pied


Q3 : Avec plus de 3000 coureurs, il doit être difficile de se placer les pieds au départ. Avez dû faire le pied de grue avant de passer la ligne de départ?

J.P.A : Non car je me place au dernier moment à environ 15 mètres des premiers coureurs.

C.N : Non car j'ai le privilège de me trouver dans le sas réservé à l'élite. Je suis donc devant au départ .

S.G : Non, je pars en même temps que les Kényans (sas réservé à l’élite).


Q4 : D'une année sur l'autre, les conditions atmosphériques peuvent être très variables. Vous est-il déjà arrivé d'avoir la bibitte aux pieds à l'occasion de l'une de vos participations à cette course ?

J.P.A : Froid non à cause des frottements. En revanche, on n’est pas à l’abri d’attraper des ampoules.

C.N : Jamais aux pieds mais aux mains oui.

S.G : Pas pendant cette course. En revanche, il m'est déjà arrivé d'avoir très froid aux pieds sur les cross en hiver. En effet, je m'échauffe en baskets avant de chausser les pointes, et bien souvent, en raison de l'omniprésence de la boue glaciale, les pieds sont bien mouillés quand je change de chaussures!


Q5 : Au départ vous êtes plutôt du genre pied au plancher ou du genre ? pieds de plomb

J.P.A : Ni l’un ni l’autre. J’essaye de gérer en ne partant pas trop vite puis j’accélère progressivement si c’est possible.

C.N : Je suis plutôt du gente à trainer les pieds au départ.

S.G : Je suis plutôt du genre à partir pied au plancher, après je fais ce que je peux...


           Q6 : Vous est-il déjà arrivé de lever le pied voire lâcher pied ? Pour quelles raisons ?

J.P.A : En 2002, en arrivant à Cora j’ai dû marcher pendant plus de 5 minutes. Je n’avais plus de force et j’ai fini vraiment doucement. Cette année – là j’ai mis 2 h 03’.

C.N : Pour finir la course correctement, j' ai levé le pied vers le 3ème km. Mieux vaut lever le pied que lâcher pied !

S.G : Je lâche pied sur les 100 derniers mètres, lorsque le temps de la course n’est plus pris en compte et que je ne peux ni rejoindre celui qui me précède ni être rejoint.


            Q7 : Iriez-vous jusqu'à dire qu'il vous est déjà arrivé d' avoir un pied dans la tombe ?

J.P.A : Non, heureusement !

C.N : Non. En revanche je me suis rompu un tendon d'Achille lors d'une course.

S.G : Non.


Q8 : Dans ces moments où vous vous êtes retrouvé pieds et poings liés, à ne plus rien avoir sous  le pied,  êtes-vous parvenu à retomber sur vos pieds

J.P.A : C’est pas le pied vos questions ! Par un pied de nez, je suis retombé sur mes pieds. La preuve est que je suis en train de vous parler. Je suis donc rentré et à pieds !

C.N : Lors de ma première participation, je n'étais pas assez préparé. A 5 km de l'arrivée, j'ai fait une hypoglycémie, je n'avais plus rien sous le pied. Cette année – là, j'ai mis 1h30'.

S.G :-Il y a deux ou trois ans, je crois, lors d'une course nommée « la Thylaisienne », je me suis fais ma première entorse: impossible de poursuivre, trop douloureux! Je ne suis donc pas retombé sur mes pieds, ou alors plutôt sur un seul, en clopinant à l'aide d'un secouriste... Ne plus rien avoir sous le pied ne m'est jamais réellement arrivé en course: ce serait synonyme d'abandon, et je trouve toujours un peu de forces, ne serait-ce que pour finir!


Q9 : L'année où vous avez réalisé votre meilleur temps, vos pieds ne devaient plus toucher terre. Pouvez-vous nous dire ce que vous avez ressenti précisément ? 

J.P.A : J’étais effectivement très content d’avoir atteint l’objectif que je m’étais fixé : 1 h 45 et j’ai couru en 1 h 44.

C.N : Pas vraiment car je n'ai pas gagné cette course.

S.G : L'année où je me suis qualifié pour le championnat de France des 10 km sur route (mars 2008 à la Ronde Couture) alors oui, mes pieds ne touchaient plus terre ! Sinon, grosse satisfaction concernant le Sedan-Chrarleville, évidemment, mais pas autant.


Q10 : L'année  où vous avez réalisé votre plus mauvais temps, vous êtes vous juré de ne plus remettre les pieds au départ cette course ?

J.P.A : Non. J’ai simplement essayer de comprendre pourquoi j’avais fait un si mauvais temps.

C.N : Non car céder devant l'échec est un double échec. Il faut travailler d'arrache - pied !

S.G :Non, dans la mesure où j'ai réalisé mon plus mauvais temps lors de ma première participation. Depuis, j'améliore mon temps d'année en année. Pourvu que cela dure le plus longtemps possible!



Q11 : Connaissez-vous la distance de cette course ?..................en pieds bien sûr !

J.P.A : Non.

C.N : Non mais la connaissance s'approprie pas à pas !

S.G : Non.


De toute évidence, à ce niveau de la compétition, nos coureurs s’accordent à dire que l’entrainement revêt une grande importance au niveau des performances réalisées.
Mais qu’en est – il de l’équipement et de l’attention portée aux pieds pour courir efficacement ?


  1. Course et pieds
		Q12 : Apportez – vous des soins particuliers à vos pieds concernant les ongles des pieds, le choix des chaussettes, l’utilisation de crèmes,  avant et après la course ? Pourquoi ?

J.P.A : Pour éviter les ampoules, j'applique de la crème sur les orteils.

C.N : Une bonne pédicure est essentielle dans la mesure où les chocs provoquent des ongles noirs. C'est très douloureux. La peau des pieds est à chouchouter pour éviter les ampoules : chaussettes double épaisseur et pommades adoucissantes sont de rigueur à partir du marathon.

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"...les chocs provoquent des ongles noirs... "

..."chaussettes double épaisseur... "

.S.G : Je fais très attention à la longueur de mes ongles. S'ils étaient ne serait-ce qu'un peu trop longs, je ressentirais un frottement et cela pourrait être très douloureux. Concernant les chaussettes, je mets des Décathlon running, gamme moyenne: ces chaussettes maintiennent bien le pied, même si elle s'usent vite! Pas de crème sinon.


		Q13 : Quels sont les critères qui vous guident pour trouver chaussure à votre pied, qu’il s’agisse de  vos chaussures de ville ou  de vos chaussures de course ?

J.P.A : Je suis « pronateur ». Je prends donc des chaussures de course avec un axe droit

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"Je suis pronateur..."

C.N : En cap (course à pied) je me réfère au confort pour faire mon choix. Le look est accessoire même si les fabricants ont bien compris l'intérêt de fournir un produit « branché ». De par ma profession, mes chaussures de ville ressemble étrangement à des chaussures de cap, même si le maintien du pied devient alors l'atout principal.

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..."mes chaussures de ville ressemblent étrangement à mes chaussures de course à pied..."

S.G : Pour les chaussures, l'apparence quasi-exclusivement, avec une petite pensée pour leur souplesse, car je marche beaucoup et généralement assez vite. Concernant les chaussures de course, dynamisme en premier, amorti en second, et esthétique au final!


..."dynamisme en premier, amorti  en second et esthétique au final..."


		Q14 : La pointure de vos chaussures de ville est – elle la même que celle de vos chaussures de course ? Comment déterminez – vous votre pointure de chaussure (course et ville ) ?

J.P.A : Mes chaussures de course font une pointure de plus que mes chaussures de ville. Ma pointure idéale correspond à un doigt entre le talon et la chaussure.

C.N : Pour mes chaussures de course, je prends une pointure de plus. Je mets aussi des semelles prescrites par le podologue pour « corriger » mes pieds. Concernant les chaussures de ville, je les prends à ma pointure !

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S.G : Je prends un centimètre de plus pour mes chaussures de course. Ma pointure correspond à un index entre le gros orteil et le bout de la chaussure. Je ne savais pas qu'il fallait sortir la semelle de propreté pour déterminer la pointure idéale...


La bonne pointure : la l
argeur de l'index entre le bout du gros orteil et le semelle de propreté


		Q15 :  Courez – vous avec des chaussettes de sport universelles ou bien avec des chaussettes de course exclusivement réservées à cet effet ?

J.P.A : Je cours avec des chaussettes spéciales sans couture pour éviter frottements et ampoules, et en fil d'écosse.


« ...Je cours avec des chaussettes ... en fil d'écosse »

C.N : Je porte des chaussettes spécialement étudiées pour la cap. Elles présentent une double épaisseur au niveau de la semelle pour éviter les frottements qui provoquent des ampoules. Je porte aussi des manchons de contention (chaussettes sans pied) qui favorisent la circulation sanguine.

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« ...Je porte aussi des manchons de contention ..qui favorisent la circulation sanguine»


S.G : Je cours avec des chaussettes spéciales.


		Q16 : Courez – vous avec des chaussures de sport universelles ou bien avec des chaussures de course exclusivement réservées à cet effet ?		

J.P.A : je porte des chaussures de course différentes selon le type de course :courte distance (10 km maximum) – trail – longue distance (marathon)

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C.N : J'adapte le choix de mes chaussures à la spécificité de la course. Mes chaussures d'entrainement ne sont pas les mêmes que celles de compétition ou que celles que je porte quand je fais des cross. Amorti, poids ... sont différents.

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S.G :  Je cours avec des chaussures réservées à cet effet.

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		Q17 : Que pensez – vous des coureurs qui courent pieds nus la marathon ?

C.N : On entre ici dans la légende du marathon. Abebe Bikila remporta à Rome le marathon olympique de la sorte !!!
Je crains que nos petons d'européens ne soient pas entrainés à un tel supplice. La différence socio – économico – culturelle prédispose les africains à une telle pratique. Pour information, je récupère souvent pieds nus sur la pelouse, cela détend les muscles du pied mais gare aux morceaux de verre !

S.G : Pourquoi pas si cela les amuse... Il n'est pas certain qu'il aillent plus vite ainsi, sans parler de l'effet désastreux des chocs à répétition sur la voute plantaire... Certains le font peut-être pour la frime, qui sait?


		Q18 : Quels sont les critères qui vous indiquent qu’il est nécessaire de changer votre paire de chaussure de course ?

J.P.A : Je change quand les chaussures sont abîmées (coutures qui cèdent par exemple) ou quand l'amorti s'affaisse et systématiquement au bout de 2 ans car le gel se périme.


C.N : Il est nécessaire de changer de chaussures dès que l'amorti s'use en se tassant. En moyenne je change mes chaussures de course tous les 1000 km.


S.G : Dès l'instant où je n'ai plus la sensation de rebond et d'amorti ou quand la semelle est plus dure, je change.

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		Q19 : Sont – ce les mêmes critères qui vous poussent à changer vos chaussures de ville ?

J.P.A : Mes chaussures de ville sont plus « esthétiques ».

C.N : En partie oui, même si l'envie de changer l'emporte parfois sur le besoin.

S.G :  Pour choisir mes chaussures de ville, je suis la mode, enfin plus ou moins...


		Q20 : Selon vous, combien un homme parcourt – il en moyenne de kilomètres à pieds sa vie durant ?

J.P.A : 4000 Kms ?

C.N : En moyenne je dirai qu'un homme réalise le tour de la terre durant son existence soit 80000 km.

S.G :  Je n'en ai aucune idée.

Réponse : en moyenne 180000 kms

		Q21 : Parmi ces différentes formes de pied, reconnaissez – vous la forme du votre ?

Le pied romain (ou carré) – le pied égyptien – le pied grec – le pied bot – le pied ancestral – le pied plat – le pied creux – le pied d’athlète – le pied varus – le pied valgus – le casse pied - le pied noir – le pied marin.

J.P.A : J'ai un pied égyptien.

C.N : Ne jouant pas au foot, je ne peux pas avoir le pied carré. J'ai un pied égyptien.

S.G : J'ai un pied égyptien. Je suis également parfois casse – pied et j'ai le pied marin de par mes origines bretonnes !


Le gros orteil est plus long que le second orteil, celui-ci étant à son tour plus long que le troisième. (62 % de la population)

		Q22 : Savez – vous quelle était l’acception de l’expression « pied plat » au XVIIème siècle ?

J.P.A : Non

C.N : Je ne suis pas sûr mais je dirai un sot.

S.G : Absolument pas!


		Q23 : Pour conclure : quelle part réserveriez – vous (à peu près)  aux soins apportés à vos pieds par comparaison avec votre préparation physique,  dans vos performances sportives ?( en pourcentage)

C.N : La préparation physique est un tout. Néanmoins, les pieds restent l'outil fondamental de cette pratique. S'ils sont lésés, la pratique s'arrête. Donc, 100 % d'attention pour les pieds.

S.G : 5%, avec une augmentation en cas d'ampoules!